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Qui est la Bienheureuse Jeanne-Marie de Maillé ?

 

Dans la paroisse Sainte-Marie-et-Saint-Jean-du-Lathan, le nom de la Bienheureuse Jeanne-Marie de Maillé est de temps en temps invoqué par le prêtre au cours de la prière d’intercession, pendant la messe.

JM MailléCette belle figure est représentée par une statue, placée à côté de celle de NotreDame de Lourdes, à droite de l’autel dans l’église paroissiale de Vernantes.

Même si cette Bienheureuse n’a pas vécu sur le territoire de notre paroisse actuelle, et n’y est probablement jamais venue, elle fait partie de notre patrimoine spirituel et moral grâce au témoignage de sa vie de dévotion et de charité, reconnu par l'Église et perpétué par les bienfaits de sa famille sur notre territoire depuis le 17e siècle.

La famille de Maillé à Vernantes

Le nom de Maillé est celui d’une illustre famille d’extraction féodale, originaire de Touraine.
Il apparait pour la première fois à Vernantes avec le mariage de Charles, marquis de Jalesnes (1588-1642) avec Eléonore de Maillé (1580-1644).

Les admirables bustes en marbre blanc du cénotaphe(1)(3) érigé au 18e siècle dans la chapelle de l’ancienne église(2) évoquent leur souvenir.
Les fonds baptismaux(3) du 13e siècle, bien connus des Maillé, ont été transférés dans la nouvelle église à la fin du 19e siècle, et font aujourd’hui office de bénitier.

Leur fille Eléonore, marquise de Jalesnes (1614-1648), épousera Louis de Maillé de la Tour Landry (1605-1674), et ce dernier nom restera attaché à notre territoire jusqu’au milieu du 20e siècle.
En effet, plusieurs générations de cette branche cadette des Maillé se succèderont à Vernantes, dans cet important fief de Jalesnes érigé en marquisat par le roi Louis XIII en 1634.

Cette famille étendra aussi son influence à Saint-Philbert du Peuple, suite au mariage en 1780 de Charles Henri François de Maillé de la Tour Landry (1755-1845), marquis de Jalesnes, mestre de camp du « Royal Picardie », avec Jeanne Sheridan, fille de Jacques Sheridan, seigneur d’Étiau, de Longué et d’Avoir.
C’est à leur fille Adélaïde, propriétaire du château d’Étiau, épouse de Jean-Louis Gustave de Hautefort, que l’on doit la restauration très importante de l’église de Saint-Philbert du Peuple à partir de 1867.
Et c’est en souvenir de son illustre ancêtre qu’une des deux cloches de cette église a été baptisée du nom de Jeanne-Marie(4) en 1875, et continue aujourd’hui à sonner les heures et appeler aux offices.

Enfance et mariage

Jeanne-Marie de Maillé naît le 14 avril 1332 au château des Roches-Saint-Quentin à Saint-Quentin sur Indrois, au nord de Loches.
Elle est le troisie enfant de Hardouin VI, baron de Maillé et de Jeanne de Montbazon.
Dans cette famille, un père franciscain participe activement à l’éducation des enfants.
Il leur récite des passages de l’Évangile, et il cite souvent Saint-François d’Assise, qui a tout abandonné pour suivre Jésus dans la pauvreté.
L’exemple de dénuement absolu de ce grand Saint a marqué Jeanne-Marie qui, très jeune, est séduite par cette vie de renoncement aux biens terrestres.
Très pieuse, elle prie souvent seule dans la chapelle du château.
À l’âge de 11 ans, elle voit en rêve la Vierge Marie tenant l’enfant Jésus dans ses bras, et elle décide alors d’offrir sa vie au Christ.

Mais, conformément aux obligations de son rang, elle doit épouser à l’âge de 16 ans un ami d’enfance, Robert de Sillé ; elle s’installe alors dans le château de son époux à Sillé-le Guillaume, à l’ouest du Mans.
Robert est un mari modèle : il comprend la vocation de sa femme, la partage et respecte ses engagements.
Il l’aide, grâce à sa fortune, à secourir de nombreux pauvres qu’ils accueillent dans leur demeure.

Cet heureux temps ne va pas durer.
La France est en guerre contre l’Angleterre (la guerre de Cent Ans) et le chevalier Robert de Sillé combat au service du Roi de France.
Il est blessé à la bataille de Poitiers en 1356.
Le château de Sillé tombe aux mains des Anglais et Robert est fait prisonnier.
Libéré en échange d’une importante rançon de 3000 florins, il mourra en 1362, épuisé par ses blessures et la captivité.
Jeanne-Marie aura été très heureuse avec lui.

Au service des pauvres

Elle a trente ans.
Elle est alors chassée de Sillé par sa belle-famille qui lui reproche de dilapider sa fortune au profit des pauvres.
Elle se réfugie à Maillé, près de Tours, dans sa propre famille.
Sa mère lui apprend à faire des onguents avec des plantes médicinales, ce qui lui permettra dorénavant de soigner les malades.
Refusant de se remarier selon les vœux de son frère, elle décide de rompre définitivement les liens avec ses proches.

Elle renonce à tout confort et donne tous ses biens, terres et seigneuries, au monastère chartreux du Liget, à Chemillé sur Indrois, près de son village natal.
Elle s’installe à Tours et vit pauvre parmi les pauvres.
Elle leur consacre tout son temps, les visitant, les soignant, les servant.
Abandonnée de toutes ses relations sociales antérieures, elle endure avec sérénité et joie les épreuves successives.
Cette vie au service des démunis et des malades va durer vingt ans.

Une grande renommée

Jeanne-Marie a plus de 50 ans.
Elle décide de se consacrer à la prière et s’installe en ermite dans la forêt de Champchevrier près de Tours, près d’une chapelle dédiée à Marie.
Isolée de tout, se nourrissant de pain d’orge et d’herbes, elle finit, au bout de deux ans, par tomber malade, et elle doit renoncer à cette vie épuisante.

À l’âge de 55 ans, elle se réinstalle à Tours au couvent des franciscains, et s’engage de nouveau au service des plus faibles.
Elle soigne, aide aux accouchements, visite et console les prisonniers.
Par sa parole, son action et son exemple, elle favorise la conversion de très nombreuses personnes, de toute catégorie sociale.
Car celle qui a été tant moquée et rejetée est maintenant très connue, et sa renommée ne cesse de s’étendre
Elle est considérée à Tours comme une sainte, excepté par sa famille qui continue à l’ignorer.
Très populaire parmi les pauvres, elle reçoit la visite de nobles et de bourgeois qui sollicitent ses conseils.
Elle exhorte les riches et les puissants à l’humilité et à la simplicité.
Le roi Charles VI et la reine Isabeau viennent la consulter.
Des souverains étrangers lui écrivent.

Mort et béatification

JM MailléJeanne-Marie de Maillé meurt à Tours le 28 mars 1414, à près de 83 ans, une performance à cette époque.
Une foule immense se presse à ses funérailles.
Elle est enterrée dans l’église des Cordeliers.
En 1871, à la demande de l’évêque de Tours, le pape Pie IX la proclame Bienheureuse.
La paroisse de Fondettes, aux portes de Tours, porte le nom de « Bienheureuse Jeanne-Marie de Maillé ».

 

Quel magnifique exemple de conversion pour un temps de carême !

Jean-François Marchand

(1) cénotaphe : tombeau élevé à la mémoire d’un mort mais qui ne contient pas son corps.
(2)actuelle annexe de la mairie, édifiée au 12e siècle, classée Monument Historique en 1911
(3)classés
(4)cloche livrée le 18 octobre 1875, au prix de 2503 francs.
Les photos sont celles de la statue de la Bienheureuse Jeanne-Marie de Maillé dans l'église de Vernantes.

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Mottaie Web - mis à jour le 29/03/19